COMMUNE D' EVECQUEMONT

Actualités/Edito

Edito

Edito 222 - novembre - décembre 2020

Le 25 novembre dernier, je passais devant le tribunal Administratif de Versailles pour l’arrêté anti-pesticide que j’ai pris le 25 septembre dernier. 

La commune était défendue par Maitre Babes du Cabinet de Corinne Lepage.

 

 

 

Celle-ci dans son mémoire a, en préalable, fait le tour de la bibliographie scientifique démontrant la toxicité du Glyphosate (Roundup) et des pesticides. Elle y fait mention notamment d’une étude récente qui a testé séparément l’action du glyphosate et celle de quatorze formulants qui lui sont associés sur des plants de tomates et sur des cellules humaines. Ils ont conclu que les effets toxiques et les propriétés perturbatrices du système endocrinien des formulations étaient principalement dus aux formulants et non au glyphosate. Cette étude établit qu’ils ont également identifié des métaux lourds contaminant vingt-deux pesticides, dont onze à base de glyphosate. Il s’agissait de l’arsenic, du chrome, du cobalt, du plomb et du nickel, connus pour être toxiques et perturbateurs endocriniens.  

 

Cela pourrait expliquer certains des effets néfastes des pesticides et des produits phytosanitaires contenant pour la plupart des métaux lourds ainsi que des perturbateurs endocriniens. L’étude rappelle les effets indésirables des perturbateurs endocriniens notamment au stade du développement humain : Ils peuvent induire des malformations congénitales, une altération du développement neurologique et une perte de QI, des troubles métaboliques (diabète de type 2, obésité) et certains cancers "endocriniens" tels que ceux du sein et de la prostate. À l'âge adulte, l'exposition aux perturbateurs endocriniens a été associée à une réduction de la fécondité et des troubles thyroïdiens. 

 

Ce rappel pour que tous nous soyons vigilants à ne plus utiliser ces produits sur notre territoire. 

 

Maitre Babes a ensuite mis en avant la carence de l’Etat  français pour protéger la population contre les pesticides et plus précisément pour protéger les riverains des zones d’épandage.  

 

Lors de sa plaidoirie elle a fait le tour des différentes jurisprudences sur le sujet faisant mention du dernier jugement concernant les villes de Sceaux et de Gennevilliers qui a considéré, concernant les pesticides, que leur nature constitue un danger grave pour les populations et que cette simple dangerosité suffisant à justifier l’intervention de l’édile de la commune. 

 

Ont ensuite été évoqué  les circonstances locales particulières d’Evecquemont : en Zéro Phyto depuis 2011,  des tests de présence de l’herbicide glyphosate, menés auprès de 49 participants, tous positifs (taux entre 0,17 ng/mL et 3,36 ng/mL), sa situation en zone sensible du plan de la qualité de l’Air en Ile de France. ainsi que la présence particulière de populations locales vulnérables particulières (l’école en particulier mais également la clinique de Cardiologie d’Evecquemont).  

 

A ce stade nous n’avons pas encore le délibéré.

Le même jour, le maire d’Antony gagnait son référé.  

 

Pourrait-on croire qu’il y aurait d’un coté les maires des villes en capacité d’agir et de l’autre les maires ruraux, incompétents pour prendre les mêmes décisions ?  

 

Plus que jamais je pense que rester inerte et ne pas agir en attendant que l’Etat légifère, engage la responsabilité des maires vis-à-vis de leur population. 

 

Ghislaine SENEE. 

Maire d’Evecquemont